J-27

Un voyage, ça ne commence pas le jour où tu prends l’avion. Les préparatifs, l’attente, le cirque administratif et l’ascensseur émotionnel d’avant départ sont aussi part de l’expérience, même si, je l’avoue, c’est pas forcément le moment le plus agréable.

Pour moi, direction Rio de Janeiro dans un peu moins d’un mois. J’avais prévu dans ce post de raconter tout mon parcours du combattant semmé d’embûches, de dossiers de bourses et d’attestations en tout genre, mais je suis déjà fatiguée rien que d’y penser.

En tout et pour tout, j’ai passé un entretien, monté deux dossiers de candidatures (pour l’Universidade Federal de Rio de Janeiro et pour l’Universidade de Sao Paulo, aussi connues sous les accronymes UFRJ et USP), trois dossiers de bourse, un dossier de visa, j’ai reçu cinq vaccins et un cours traumatisant sur les dangers de la vie dans une pays tropical,  et j’ai dormi sous la pluie devant le consulat du Brésil.

Ah, la demande de visa. Le grand final spectaculaire de ce parcours du combattant. Douze heures d’attente, soixante-dix étudiants trempés, huit documents à présenter, vingt tickets par jours, et trois secrétaires qui scannent tes papiers à l’arrivée. Et un secrétaire qui, en lisant ma lettre d’acceptation m’a dit « Ah, l’UFRJ… c’est à Rio ça! »  Ah bon? Ah mais c’est pour ça alors qu’elle s’appelle Université fédérale de RIO DE JANEIRO!

Après douze heures, de toute façon, tout te glisse dessus comme sur les plumes d’un canard. On était tellement crevés qu’on avait à peine la force de protester contre l’agent de sécurité qui jouait avec nous comme avec un sac de billes, et nous faisait passer d’une chaise à l’autre dans la file d’attente, pour savoir à qui donc c’était le tour d’aller dans la salle magique où on te scanne tes papiers. A quoi servait-il donc de nous donner des tickets numérotés?

Ce jour là, j’ai appris que les gens qui vivent dans le 8e n’aiment pas qu’on dorme sur leur trottoir, et quand ils sont pas contents, ils jettent des seaux d’eau sur quiconque à leur malheur de se trouver sous leur fenêtre. J’ai appris que la PUC-Rio était peut-être une université privée puante, mais que c’était là qu’allaient tous les étudiants de Science Po Paris, et que cela ne les changerait pas beaucoup de leur milieu d’origine. J’ai aussi appris que dormir (enfin, dormir c’est un grand mot) assis sur un sol dur, ça te procure un mal au cul dont t’as jamais fait l’expérience, quand tu as une vie normale.

Il n’y a pas de doute, comme disait mon directeur d’étude, « rien ne remplace l’expérience du voyage ».

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