O Cheiro do forro

J’avais promis du forro… Voilà pour vous un peu de ce « ritmo brasileiro », cadeau pour le weekend.

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Sea, phone and sun

marché populaire d’Uruguaiana

Au menu de ce Dear Diary, toujours plus de plage, toujours plus de soleil, les voleurs de Lapa et un peu de forro.

Donc la semaine dernière j’ai fêté mon premier mois à Rio, et pour célébrer ça en bonne et due forme, on m’a volé mon téléphone. Hé ouais, Rio a décidé de me prouver qu’elle était pas aussi jolie et cui-cui-les-petits-oiseaux que je le clame depuis le début. Mais bon, ce sont des choses qui arrivent.

S’en sont suivi, cela dit, 4 jours épiques où j’ai dû expliquer mon malheur en portugais aux mecs de Claro (mon opérateur) qui ont pas voulu m’aider sans CPF (un numéro d’identité fiscale), acheter un nouveau portable dans une petite échoppe pas franchement légale d’Uruguaiana (étrangement beaucoup moins concernée par le fait que j’avais pas de numéro fiscal) et faire bloquer puis réouvrir ma ligne. Je vous ai déjà parlé d’Uruguaina, non? La rue Passos est un peu la caverne d’Ali Baba de Rio, avec un grand marché couvert et des échoppes où l’on trouve TOUT, du strass de bikini (pour la samba) au smartphone tombé du camion, en passant pas tshirts souvenirs de Corcovado, stickers de Jésus et copies d’Havaïanas plus vraies que nature. C’est aussi là que j’ai vu les culottes avec fesses en mousse. (XD)

Le nouveau portable que j’ai acheté est une grosse blague avec une batterie qui a grosso modo 5h d’autonomie (voilà pourquoi il m’en a donné 2…), mais bon il fonctionne.

Pour me remettre de ces émotions, direction la plage d’Urca. Ambiance Méditerranée sur cette plage minuscule située dans la baie de Guanabara, en face de Botafogo. Urca, si vous suivez bien, c’est un quartier un peu à l’écart dans la zone Sud, situé juste au pied du Pain de Sucre et particulièrement sécurisé puisqu’il est en pleine zone militaire. Donc notre petite brochette de frenchies à passé son dimanche aprèm à se rôtir sur le sable, bien protégés par les patrouilles de soldats. Pour changer de tous les autres jours de la semaine où on passe l’après-midi à rôtir sur le sable de toutes les autres plages de Rio. Non je déconne, on le fait pas tous les jours! Cette semaine je suis seulement allé 3 fois à la plage. (je vous taquine…)

La plage d’Arpoador

Tant qu’on parle de plages, j’ai eu l’occasion ces 2 dernières semaines de découvrir la plage d’Arpoador, le spot à surfers de la Zone Sud. Une très belle plage protégée par un gros rocher qui avance sur la mer où la vue est incroyable et la fréquentation légèrement moins importante qu’à Ipanema et Copacabana. Il y a moins de familles et plus de jeunes, de surfers et de roots avec les guitares que sur les autres plages, disons. Je dirais bien que c’est ma nouvelle plage préférée mais ça rimerait à rien, j’arrive plus à choisir.

La semaine dernière on est aussi allés se promener dans les allées du Jardin Botanique, et profiter de l’ombre et la fraîcheur des grands arbres tropicaux. Le contraste entre la ville et la végétation dense et luxuriante est assez étonnant, surtout lorsque l’on aperçoit la colline du Corcovado, d’un seul coup on se croirait à la campagne.  La forêt de Tijuca, qui est laissée à l’état plus ou moins sauvage, pas comme le jardin Botanique, promet d’être impressionnante!

Enfin, finalement, l’université est en train de mettre fin à nos vacances éternelles avec les premiers cours de portugais pour étrangers, qui ont lieu au fin fond de Rio sur l’Ilha da Fundão, à 1h20 de bus de Botafogo. Le bruit court par contre que nos cours, nos vrais cours, ne commenceront pas avant novembre. Alors qu’ils devaient commencer début août. Il y a du perfectionnement de bronzage en perspective.

Me Sinto Rio – Sur le bout de la langue

Bon, je vais quand même finir ma petite série, avec une semaine de retard… désolée, désolée, j’ai eu une semaine forte en émotions et en rebondissements.

Donc, le goût de Rio! Je peux continuer à vous faire une petite visite guidée, comme je fais depuis le début de cette série. Commençons par la rue.  Le gout de la rue, c’est celui du frit. Du gras, de l’huile, du fromage fondu et du pain chaud. La « street food » brésilienne est tout sauf légère et diététique et se résume à des beignets de viande ou des… comment appeller ça? Des « pâtisseries salées » tels que les joelhos, les pastels et fameuses « pizzas folhas » que je n’ai jamais gouté mais qui me semblent être des pizzas refermées en forme de triangle.  Les brésiliens les mangent debout, accoudé au comptoir de la padaria avec un peu de ketchup ou de moutarde. Il y a aussi les barraques à hot dog qui servent des monstres recouverts d’olives, d’oeufs de caille, de raisins sec, maïs, petits oignons, ketchup, mayonnaise, moutarde et, pour finir, des chips paillle. Fiou.

pastels

Si vous cherchez du vert, vous n’aurez vraiment que le « milho », le maïs en épis aussi vendu dans la rue, servit recouvert de beurre fondu. On trouve peu de salades ici, et encore moins de nos copieuses salades composées. Ici salade veut juste dire salade verte. Aller, à la rigueur des fois on te fait péter 2 tranches de tomates (souvent vertes, d’ailleurs), mais c’est tout. Ou alors, il va falloir me dire où dans Rio…

Par contre, pour celui qui a un faible pour le sucré, la rue est propice à la tentation! Il y a les gros, gros gâteaux tout recouverts de crème et de glaçage, les fameux brigadeiros, ces petites boules au chocolat qui sont vendus à l’unité, le popcorn et puis ce qui est, pour moi, un peu le pêché ultime: des churros fourrés au doce de leite (confiture de lait) nature, à la noix de coco ou au chocolat. Paye le combo gras/sucre! Ah bien sûr, il faut pas oublié le pipoca (pop corn) qui embaume les bords de plage de son doux parfum de caramel. Les brésiliens ont l’habitude de mélanger pop-corn sucré et salé, et on le mange en flânant dans les rues, dans des petits cornets de papier. Le chocolat est globalement plutôt mauvais par rapport au chocolat européen, mais ils font beaucoup de confiseries assez particulières, comme les chocolats fourrés à la crème de noix de cajou. Les arachides, d’ailleurs, j’y pense, sont très courantes ici. On vend des noix de macadamia ou des noix de cajou (beaucoup plus grosses que les européennes) seules, ou des cacahuètes dans des petits cornets.

« agua de coco » que l’on boit à même la noix

A la maison, la cuisine est souvent copieuse mais pas très « délicate ». On s’est fait la réflexion, nous autres français, que la cuisine brésilienne était certes excellente, mais qu’elle n’était pas très fine en matières de saveurs. C’est assez simple, pour mes papilles de françaises ici tout à le goût d’ail. Et tout est beaucoup trop salé. Les plats traditionnels sont des plats « campagnards » comme la feijoada (une sorte de cassoulet brésilien) ou l’estrogonoff (poulet en sauce tomate et crème fraîche) servis avec leur plâtrée de riz et de feijao (les haricots noirs). Et pardessus tout, on mange beaucoup, BEAUCOUP de viande. Je pense souvent que mes frères seraient au paradis ici avec les beignets de viande et de fromage et les barbecue. (Ajoutez le foot et les filles en string sur la plage, je m’étonne qu’ils aient pas encore pris leurs billets). Le Brésil pour eux serait le premier pas vers le double-pontage coronarien. Mais moi qui n’aies pas vraiment une passion pour le boeuf et qui commence sérieusement à faire une overdose de poulet, je dois vous avouer que la vie est assez déprimante… Pourtant, c’est vraiment paradoxal parce que les supermarchés regorgent de légumes et surtout de fruits, la diversité est immense, du coup je m’étonne de voir une cuisine quotidienne qui exploite aussi peu cette matière première (ouuuh j’ai l’impression d’être dans Top Chef là!). Et je suis aussi très étonnée que, pour une ville côtière, Rio n’e propose pas plus de plats à base de poissons ou de fruits de mer. J’aurais cru que la spécialité du coin serait plutôt un poisson frit qu’un beignet de viande (pastels). Appart les camarao (crevettes) que l’on vend en brochettes sur la plage (et que l’on achète jamais, mais qui voudrait acheter une brochette de crevettes qui a fait le tour de Copacabana pendant 3h sous un soleil de plomb?) je ne connais pas vraiment de spécialité carioca à base d’un produit de la mer. Par contre, les sushis et la nourriture japonaise sont très populaires (et beaucoup plus abordables qu’en France, ouaiiiiis!).

Restent les fruits. Jus de fruits pressés, açaï, eau de coco frappée sur la plage, mangues, ananas, goyaves et citrons verts qui ne coûtent rien, les fruits sont un peu mon petit plaisir. Pas de plage sans eau de coco, c’est la règle.

Me Sento Rio – Voir

plongeon dans la baie de Guanabara, National Geographic

Vous connaissez l’expression « s’en mettre plein les yeux« ?  J’ai l’intime conviction que ça a été inventé pour Rio. Il est assez facile d’avouer que la cité Merveilleuse est probablement la plus belle ville du monde. Je ne fais que le dire depuis que je suis là d’ailleurs, elle est éblouissante et incroyable, et je vais tenter de vous en faire le portrait aujourd’hui.

Claude Lévi Strauss compare au début de Tristes Tropiques la baie de Guanabara à une bouche édentée. Ok, Claude, t’avais la mort d’aller au Brésil et honnêtement je te comprends pas bien, mais Guanabara ressemble à tout sauf une bouche de vieillard. Le littoral ciselé de Rio n’est pas très acceuillant peut-être, avec ses ilôts de pierre noire délavée, mais il possède une beauté dramatique digne des meilleurs romans de piraterie. Souvent je me promène à Urca juste parce que le Pain de Sucre et ses amas de rochers me donnent l’impression de m’être égaré dans un roman de RL Stevenson. A Rio, il n’y a pas de séparation entre la ville et la forêt. Tijuca, la forêt urbaine la plus grande du monde, étend ses tentacules de palmiers et de bambous pratiquement jusqu’à l’océan. Ok, j’exagère.

Ce que tu vois à Rio, ce sont ces rochers, ces collines sur lesquelles fleurissent les maisons de tôle. La nuit, leurs lumières semblent flotter dans le ciel. Ce sont d’immenses immeubles sans charme qui s’élèvent en rang serré le long des plages de la Zone Sud. Les bâtiments jamais vraiment finis, les marques de peinture au plafonds, les fenêtres sans joints. Les bâtiments sans fenêtres du tout. Les vieilles maisons coloniales et leurs moulures blanches, qui résistent fièrement dans le centre, enrubannées dans les milliers de lignes téléphoniques qui pendent au dessus de rues.  Ce sont les trottoirs noirs et blancs, pavés de mosaïques mais souvent défoncés par les racines des arbres. Les murs peints, partout, par des artistes de rue qui me surprennent plus qu’à Londres. Une interminable avalanche de couleurs. La beauté brute d’un pays qui se lève.

les escaliers de Selaron, fleuron du street art carioca.

Ce que tu vois, à Rio, c’est l’océan, les bandes de sable blanc qui s’étendent jusqu’à perte de vue. Le sourire des cariocas, leurs cheveux bouclés, leurs minuscules bikinis colorés. Je vois beaucoup de fer rouillé, beaucoup de tôle, beaucoup de bidouillage. Je vois des voitures partout, aussi. Je vois des singes, de minuscules singes lions qui nous observent avec leurs minuscules yeux curieux. Je vois des fleurs que je n’avais jamais vu, des fruits que je n’avais jamais vu, des formes que je ne soupçonnait pas. Je vois Jésus aussi, tout petit et tout blanc, avec ses deux bras tendus au dessus de nos têtes. Je vois beaucoup d’autres saints, partout, en céramiques ou sur du papier brillant.

Je vois des fourmis de 2 cm de long, des oiseaux noirs qui tournoient au dessus des morros dans un balais tranquille, des dizaines de chats de toutes les couleurs, alanguis dans la rue sous la chaleur écrasante.  Je vois des douzaines de faux seins par jour, et deux fois plus de mini shorts en jean. Je vois le Pain de Sucre et la baie semée de voiles blanches tous les jours quand je sors de chez moi, et tous les jours me dis:

Rio te donne l’impression que ton avion s’est craché et que tu es arrivé au paradis.

Me Sento Rio – A fleur de peau

Difficile de parler de ce que l’on ressens avec son corps. Je peux pas vous faire la liste longue et vaste de toutes les choses que je « touche » ici, ce serait inutile, laborieux et parfaitement ridicule. Mais par contre j’ai envie d’essayer de dire ce que je ressens avec ma peau ici au Brésil.

D’abord et surtout, c’est la chaleur. Il fait  entre 25 et 30° en moyenne, parfois plus, mais avec une humidité étouffante qui rend la chaleur écrasante. Du coup, et c’est normal, on transpire. Je n’ai jamais été autant gênée par ma propre moiteur ou celle des autres. Avoir chaud en permanence, c’est quelque chose qu’on connait brièvement l’été, et encore même pas de cette manière. Ici en fait, dès que tu bouges tu as chaud, et tu transpires, et tout ton corps est moite. Dès que tu t’arrêtes quelque part, l’air conditionné est à fond et te glace le sang dans tes vêtements tout humides. Et tu retrouves avec ce malaise perpétuel d’avoir froid et chaud en même temps, comme un sorbet sur une terrasse.

Alors que fait-on? On se met à nu, le plus possible. Mon corps, ma peau, est beaucoup plus en contact avec mon environnement qu’il ne l’est en Europe, même en été. Je me sens beaucoup plus agressée par les sièges en cuir des bus qui collent au cuisses, les murs de béton sale ou les trottoirs de pavé qui me noircissent les pieds. Mais surtout, je suis beaucoup plus en contact avec d’autres corps (Audrey attention je vois arriver ta blague…).

Le côté très tactile des brésiliens n’est pas une légende, ici on se prend dans les bras, on s’embrasse, on se serre. On se tient toujours près de toi pour te parler, on t’attrape l’épaule, on te touche pour un rien. La distance de pudeur est beaucoup plus réduite que celle des français. Le corps n’est pas autant un étranger que pour nous. Et ce que je trouve le plus drôle, ce sont les brésiliens qui savent que les européens sont un peu plus frileux qu’eux, et qui sont sans cesse en train de retenir leurs gestes. Un ami à moi cet après-midi à a faillit me prendre le bras ou la main 3 fois, et c’est arrêté au dernier moment, de peur de peut-être me mettre mal à l’aise.

Il y a aussi une perception de la nuditié qui m’interpelle, mais dont je ne saurais pas vraiment parler pour l’instant.

Après, et parce que je culpabilise de pas pouvoir faire un rapport aussi et long et détaillé que dans les 2 premiers volets de cette série, voilà quelques sensations en vrac:  le sable d’Ipanema qui colle aux mollets, ce drôle de picotement que donnent la crème solaire et le sel, les embruns de l’océan. Le froid pénétrant de l’air conditionné, la condensation sur les bouteilles d’eau ou les noix de cocos glacées, le pavé tordu des trottoirs…

 

Un mois!

Pour fêter ce premier mois de vie au Brésil, j’ai décidé de faire un petit tour des clichés sur le Brésil et les brésiliens, parce que je fais de l’anthropologie quand même. Alors, vrai ou faux?

 

Les brésiliens sont tous beaux. 

Comme je l’ai déjà expliqué dans mon article, les brésiliens sont pas tous des bombes mais ils font vraiment attention à leur corps (à défaut de faire attention à leurs fringues). A Rio du moins, on trouve à la pelle des mecs ultra-musclés qui passent des heures dans les académias. Après, moi je les trouve particulièrement beaux, mais bon j’ai un faible pour les métisses et le type « latino » donc bon, je suis pas franchement objective. Pour ce qui est des filles, c’est aussi une manière d’être, elles sont souvent très sûre d’elles et très à l’aise avec leur corps.

Les brésiliennes portent des micro-maillots de bain.

Oui, mais il n’y a pas que le string dans la vie. La gamme des tangas est assez variée, même si ça reste toujours moins couvrant que nos maillots européens, et l’on peut trouver des modèles assez larges. A noter que les brésiliennes trouvent nos maillots affreux car, je cite « on dirait que vous avez fait caca dedans ».

Les brésiliens sont des dragueurs super insistants, les brésiliennes sont faciles, et puis ils sont volages!

Alors là en fait, il s’agit d’un problème de compréhension interculturelle. Un brésilien qui drague va effectivement tenter une approche beaucoup plus rapidement qu’un européen, mais pour moi c’est seulement parce qu’ils ont une culture où la proximité des corps est plus importante que chez nous. Comprenez, quand un français drague, il faut d’abord qu’il manœuvre un long moment pour s’approcher de la jeune fille et ne serait-ce qu’oser un contact physique. Pour nous, se toucher c’est déjà une certaine intimité. Or, ce n’est vraiment pas le cas des brésiliens. Ils se tiennent plus près le uns des autres, ils te font littéralement un câlin pour te dire bonjour, donc ça semble quasi normal d’être très direct.

Après, beaucoup de brésiliennes m’ont dit « les brésiliens ne sont pas sérieux »… Un de mes profs d’anthropologie avait expliqué cela comme ça: selon lui es brésiliens pratiquent des relations sociales en dents de scie. Ils peuvent être très amicaux immédiatement, et distants le lendemain, puis redevenir très amicaux. C’est incompréhensible pour un européen, et c’est souvent interprété comme un manque d’intérêt ou de sérieux. Je trouve ça assez juste, et il faut  en fait s’habituer à être patient.

Les brésiliens sont super sympa, accueillants.

Oui, c’est vraiment surprenant d’ailleurs. Les cariocas sont les gens les plus avenants que j’ai rencontré jusqu’à aujourd’hui. Partout, dès que tu demandes quelque chose, la personne va se plier en quatre pour t’aider comme elle peut. Une professeur de l’université nous a emmené avec sa propre voiture de l’autre côté du campus puisqu’on était perdus, ou lorsqu’on demande notre chemin dans la rue il n’est pas rare que la personne arrête quelqu’un d’autre lorsqu’elle ne sait pas. Je comprends qu’ils ne nous trouvent pas très accueillants après…

Les brésiliens sont menteurs et on ne peut pas leur faire confiance.

En fait les brésiliens ne sont pas menteurs à proprement parler, c’est seulement qu’ils ne supportent pas de vexer les gens. Du coup ça explique peut-être aussi leur extrême sympathie… Un brésilien va te faire un compliment même s’il ne le pense pas ou même si c’est faux genre « ah ton portugais est vraiment super bon! » ou « dis-donc, on dirait des vrais brésiliens! » ou même t’indiquer la mauvaise rue. Ce n’est pas un mensonge pour eux, c’est juste de la politesse.

Le Brésil c’est le pays du culte du corps!

Ouais. Ouais, ouais, ouais.

Au Brésil, les gens vivent nus.

Je le mets parce qu’une amie brésilienne m’a dit que lorsqu’elle est allée aux USA, certaines personnes lui ont demandé si elle avait du s’acheter des vêtements pour entrer sur le territoire américain. (!!!) Les brésiliens donc ne vivent pas nus, mais bon comme il fait chaud-sa-mère ici la quantité de textile est quand même réduite… Par contre les cariocas n’ont pas de style vestimentaire. Je pense que j’écrirais un article dessus un jour.

J’ai envie de rajouter d’ailleurs qu’aucune population humaine sur cette planète ne vis complètement nue. Il y a toujours un ornement quelconque (ceintures papoues ou les ornements de pénis des Zo’é, par exemple, ou des peintures corporelles) pour couvrir une partie du corps, si infime soit-elle.

Au Brésil il n’y a que des prostituées et des footballeurs.

Bon bah vous aurez deviné vous-même. Ok tout le monde ici joue au foot, mais c’est tout.

A Rio il n’y que des gangs, de la drogue et de la violence!

Ah, ce cliché là donne des sueurs froide à toute ma famille. Alors c’est vrai qu’il y a des gangs, de la drogue et de la violence mais très honnêtement ce n’est pas plus une menace quotidienne ici que dans n’importe quelle grande ville du monde. Sauf bien sûr si tu décides d’aller dans une favela tout seul la nuit, mais là mon ptit chat tu l’as cherché.

Tous les brésiliens aiment/font de la samba.

Malheureusement non, mais ceux qui n’en font pas doivent avoir un problème. 😉

Au Brésil c’est toujours la fête!

Bon ben non, mais tout est peut-être plus vite prétexte à faire la fête. Les brésiliens ont quand même l’âme joyeuse et j’ai remarqué que beaucoup font de la musique, donc on a rapidement sortit les guitares et fait péter la cachaça. Après, je peux pas parler, je suis étudiante en échange, notre vie se résume à faire la fête et rôtir sur la plage.

Les brésiliens sont pauvres et ils vivent dans des bidonvilles / Le Brésil est un pays du tiers-monde.

Ca c’est peut-être le pire cliché de tous. Croire que le Brésil est un pays du « tiers-monde » est vraiment une grave erreur, selon moi, pour aborder ce pays. D’ailleurs, les Brésiliens détestent cette appellation « tiers-monde » et je les comprends. C’est un pays riche dont la croissance est exponentielle et dans lequel les millionnaires poussent comme dans champignons. La zone sud de Rio n’est pas différente de Londres ou de Paris. Après, comme dans tous les pays qui émergent (cf Chine et Inde), la société est à 2 vitesse et oui, une immense partie de la population de Rio vit dans des favelas délabrées. Mais là encore, la favela n’est toujours le ghetto que l’on imagine en Europe.

Tous les brésiliens sont noirs

On me l’a dit, je sais plus où, et je le mets en dernier parce que c’est le plus faux et le plus drôle de tous je trouve. Le Brésil est construit sur une population métissée. Il est impossible de dire faire un portrait du brésilien type (quoi que, j’ai appris à reconnaître des traits particuliers, je trouve qu’il y a un visage brésilien, mais c’est définitivement un visage métisse!). Ils sont blonds, noirs, blancs, asiatiques, indiens… Et parfois tout ça en même temps.

 

 

 

Me sento Rio – De la musique des choses

Après les odeurs, les sons, bien sûr! Je l’ai écrit dans l’un de mes premiers billets: le Brésil est bruyant. Très, très bruyant. Du matin au soir il y a ce vrombissement constant de voitures, de motos, de klaxons. Ca ne s’arrête tout bonnement jamais.

Ensuite, il y a les gens. Les brésiliens parlent beaucoup et surtout parlent très fort, donc où que vous soyez vous pourrez toujours saisir quelque part la musique de leur jolie langue: le portugais. Tous les français que je connais ne sont pas d’accord quand leur perception de cette langue, mais voici mon resenti. Le portugais est très extraverti. Il est très large, il se parle la bouche grande ouverte et possède une gamme de sons très variés. Mes préférés ce sont  les fameux « ão » qui remontent le nez, et leurs fins de phrases lascives. Les cariocas ne sont pas avares de « ch » (ils prononcent, comme les portugais, la plupart des « s » « ch », ce qui n’est pas le cas du reste du Brésil), ce qui, pour moi, ajoute des courbes à cette idiome si musical, qui semble faire danser la langue des brésiliens.

Pas étonnant donc qu’ils vivent toujours en musique. La journée, à la plage, parfois, on a la chance de voir arriver des groupes de bossa qui parcourent le sable en quête d’un peu d’argent. Vous entendrez aussi régulièrement les voix enrouées des vendeurs à la sauvette vous hurler « Matté! Matté Leão! » « Globo! » « Kangas! » ou encore « camarão! » et « Agua Geleda, Coca, Limonada!« … Répétés des millions de fois par jours, ces mots prennent une mélodie particulière.

Dans la rue, ce sera le forro ou MPB (Musica Popular Brasileira) pour les plus traditionnels, rock et inbuvable musique commerciale (Michel Télo en tête) pour les autres. Les églises sont aussi de grandes sources de son. On y chante, bien sûr, mais c’est surtout le prêche hurlé dans un micro crachotant par le prêtre qui attirera agressera l’oreille. Il m’arrive aussi parfois d’entendre des gens se mettre spontanément à chantonner dans la rue ou dans le métro. Et il n’y a vraiment que moi pour froncer les sourcils et me demander quel est leur problème…

Il me faudrait mille ans pour vous parler de toute la musique brésilienne et de son incroyable diversité. En plus je ne suis vraiment pas calée sur le sujet, fort malheureusement, donc je m’en tiendrais au récit de ma perception. Malgré tout je peux dire que les brésiliens sont très éduqués musicalement, même ceux qui n’ont pas spécialement fait de musique dans leur vie. Et ils sont très fier de leur patrimoine musical. Pas plus tard que vendredi, un garçon m’a quand même dit très sérieusement: « honnêtement, la musique brésilienne est la meilleure du monde non? », avant qu’un autre ajoute « en matière de sensibilité, de diversité et de profondeur, on peut quand même dire que oui, c’est la meilleure du monde. »

Quand vient le soir, alors là, c’est l’explosion. Si vous vous prommenez dans Santa Teresa ou Lapa, les musiciens sont partout. On se retrouve dans la rue pour improviser des rodas de samba à laquelle la foule vient se joindre joyeusement. Le battement des tambours et le tintement des tambourins (« pandeiros ») est quelque chose qui accompagne toujours la vie des cariocas.  La samba, bien sûr, est la quintessence et le symbole de cette vie musicale de Rio, avec son rythme puissant et enjoué. Et elle  fait vibrer tous les mur, toutes les collines (et tous les pieds) de la cité Merveille.

 

Me sinto Rio – Avoir du nez

J’ai choisi d’ouvrir avec les odeurs, car c’est la première chose qui m’a frappé en arrivant, et qui continue chaque jour de m’interpeller et de me questionner.

En arrivant à Rio, comme je l’ai déjà écrit, ce qui saisit dès que l’on met les pieds hors du hall réfrigéré de l’aéroport ce n’est ni la vue, ni la musique ou les bruits, mais bien une puissante et désagréable odeur difficilement identifiable. Produits chimiques? Station d’épuration? C’est ni l’un ni l’autre et pourtant tout à la fois.

Mon directeur d’étude, brésilien d’adoption, nous a souvent répété à quel point les européens n’avaient « pas de nez ». Selon lui, notre perception olfactive manque de finesse: on ne serait pas assez bien éduqué à différencier les odeurs et les reconnaître. Et en effet, j’avais déjà constaté en France que mes amis brésiliens étaient beaucoup plus sensibles aux odeurs et parfums que je ne l’étais. Je me disais à l’époque que c’était bien normal : j’étais dans mon « environnement naturel ». Il était donc logique que la plupart des choses qui les dérangeaient soient à peine perceptibles pour moi, puisque j’y étais particulièrement habituée.

Théorie vérifiée en arrivant sur le sol brésilien, car je suis ici beaucoup plus interpellée par les odeurs que je ne l’ai été n’importe où ailleurs.

Il y a, après le fumet putride de la Zone Nord, l’étrange odeur de la rue. Régulièrement, lorsque l’on se promène, on peut humer les effluves d’eaux usées qui se mélangent au parfum âcre et moite du bitume chaud. Et il y a bien sûr les voitures, mais vous devez savoir que les gaz d’échappement ne sentent pas le pétrole ici mais bien le gaz, puisque qu’une grande partie des brésiliens roulent à l’éthanol. Si vous passez devant une de ces padarias sans vitrines, vous aurez peut-être la chance de capter le parfum du pain chaud, mais dans la grande majorité des cas ce sera surtout l’odeur épaisse de la friture qui enveloppera vos narines. Cependant, l’odeur que j’identifie et qui m’indispose le plus, c’est celle du fromage. La rue sent beaucoup le vieux fromage fondu, au grès des boulangeries et des vendeurs ambulants, et c’est plus écœurant qu’autre chose, par ces chaleurs insoutenables. Heureusement qu’il reste La fragrance chaude et sucrée du popcorn pour nous redonner l’appétit! Les brésiliens adorent, et on trouve à tous les coins de rue les petits chariots à « pipoca » pour les encas des plus gourmands.  Parfois, ce parfum se mélange au délicieux fumet des épis de maïs beurrés que l’on vend juste à côté.

Enfin vous arrivez près de la plage et là, bien sûr, ce sont les embruns iodés qui vous enveloppent… Mais pas seulement. A la plage à Rio, comme partout d’ailleurs, il y a de la nourriture. Vous pourrez sentir, au grès du balais des vendeurs, les langoustines fraîches en brochette ou bien le fromage et la viande grillés au barbecue. Ah, cette odeur de viande braisée! Elle  vous surprend aussi régulièrement à la tombée du jour ou le week-end, lorsqu’amis et voisins se retrouvent autour du traditionnel barbecue, le sacro-saint « churrasco ».

Surtout, il y a le parfum des gens. On s’est très vite fait la réflexion que les brésiliens sentaient toujours bon. C’est un fait. Dans ce pays sub-tropical, jamais, je dis bien jamais, vous ne sentirez la moindre odeur de transpiration. Même dans le métro, pas d’impression fétide de fauve en cage. Les parfums sont légers, très souvent citronnés et boisés, la plupart du temps je pense que ce sont des fragrances de déodorant. Je ne suis pas très sûre qu’ils aient, comme nous français, une très grande culture du parfum (il y a ce très grand cliché ici comme quoi les français ne se lavent pas et pue, c’est pourquoi ils mettent du parfum…). En tout cas ils fleurent toujours bon le savon.

Rio se dessine donc d’abord à travers ces milliers de parfums qui s’entremêlent tout le temps puisqu’ici, tout est partout.

5 semanas de festa

Voilà, j’entame ma cinquième semaine à Rio et dimanche ça fera un mois que je suis arrivée dans ce pays incroyable! Pour marquer le coup, et puis pour pas perdre la main au niveau rapport ethnographique, j’ai décidé de poster tout au long de la semaine une série que j’ai appelé « Me Sento Rio« , afin de partager ma perception de la ville sens par sens.

Ca va donc être une semaine chargée sur le blog avec la série de lundi à vendredi, le Dear Diary habituel samedi et un petit « bonus » spécial Un mois dimanche. Fiou.

« eyes » de JR dans l’une des favelas

Samba!

 

Bon, le son est pas top et ne rends pas justice à cet excellent bloco exclusivement féminin, Mulheres de Chico (elles reprennent le répertoire de Chico Buarque en version « carnaval »). Mais je les ai vues hier soir, et je voulais vous faire goûter un peu à ce qu’est un vendredi soir à Lapa.