5 raisons de découvrir la zone Nord de Rio

Mon expérience d’expat à Rio m’a appris une chose: ici, les étrangers se trouvent surtout dans la « zona sul », c’est à dire le front de mer chic de Rio, du Jardim Botanico à Leblon. Peu d’expatriés s’aventurent au delà du centre, et même lorsqu’on lit les guides et les sites de voyage sur Rio, on dirait que la ville se résume à ces quartiers aisés (et a leurs favelas). Pourtant, cela ne représente qu’une part infime de cette métropole gigantesque.

La majeure partie de la population se trouve de l’autre côté de la forêt de Tijuca, et l’on a tord de croire que la zone nord aurait moins d’intérêt touristique ou culturel que la Zona Sul. J’ai eu la chance d’apprendre à connaître cette partie dynamique, éclectique et irrévérencieuse de Rio lors de mon échange et, alors que mon Carioca met un point d’honneur à s’installer dans ces quartiers de son enfance, entre Tijuca et Benfica, j’ai envie de faire partager un peu de notre amour pour ce Rio méconnu, et mal compris.

Plus chaleureux, moins coûteux, plus terre à terre, ces quartiers présentent aujourd’hui de nombreux avantages aux résidents cariocas (principalement à cause de l’inflation grotesque de la zona sul)… mais aussi aux touristes. Avec la Coupe du Monde et la gentrification naissante, la « zona norte » autrefois défavorisés change de visage et il devient de plus en plus passionnant de s’y aventurer.

Alors certes, il n’y a pas la plage, mais croyez moi, vous ne regretterez pas d’être un peu sorti des sentiers battus. Voici 5 moyens de mettre un pied dans « L’autre Rio »!

#Boire une chopp Praça da Bandeira.

L’Aconchego Carioca, une autre sommité du quartier

Autrefois connue surtout pour ses inondations spectaculaires lors des grosses pluies (un problème toujours d’actualité), la Praça da Bandeira fait doucement peau neuve. Elle a même été qualifiée par Time Out Rio de futur Hot Spot, avec ses petits botequim traditionnels et ses nouveaux restos gourmets qui attirent un public toujours plus large. L’intérêt? Des cartes légèrement plus douces pour le porte-feuille que les bars de la zona sul, et surtout l’occasion de trouver des endroits un peu plus authentiques.

A essayer: Le Botto Bar, un temple pour les amateurs de bière – mais pensez à arriver en avance, le bar est victime de son succès!

# Faire des affaires à la Feira de São Cristovão 

Ce vaste marché couvert a été créé pour rendre hommage aux traditions nordestines puisque, tout le long du 20e siècle, un très grand nombre de brésiliens du nord ont quitté leurs régions pauvres pour s’établir dans les capitales du sud où ils espéraient rencontrer une meilleure qualité de vie.

Le marché est ouvert 7j/7 et pratiquement 24h sur 24. On y retrouve des échoppes de tout et rien, allant des conserves de piments aux plaques de pé de moleque, bolo de aipim fait maison ou packs de « Guarana Jesus » que vous pourrez siroter en écoutant une séance de cordel (type de poésie traditionnelle) ou en vous trémoussant au rythme du forro et du sertanejo joué live. Les nombreux immigrés des régions nordestines que compte toujours Rio (ma belle mère y compris) viennent y faire leurs emplettes, dans une ambiance toujours unique et sans chichis. C’est aussi un très bon endroit pour trouver des souvenirs à moindre coût.

#Aller danser la samba à la quadra d’une école championne

Quadra du G.R.E.S. Mangueira, à la favela du même nom

La zona norte est définitivement le royaume de la samba. C’est simple, parmi les écoles qui participent à la prestigieuse série spéciale du Carnaval, la majorité ont leur base dans les faubourgs populaire du nord de Rio. Vila Isabel, Unidos da Tijuca, Mangueira, Portela ouvrent régulièrement les portes de leurs fiefs pour des sambas et des feijoadas qui promettent d’être inoubliables (par contre ce n’est pas gratuit, et les prix varient selon les écoles).

Sur le même thème, ne manquez pas le pavé des trottoirs de Vila Isabel, dont les mosaïques représentent les partitions des chansons qui ont marqué l’histoire de l’école du quartier.

# Visiter le mythique Maracanã

Les amoureux de foot ne pourront pas résister à une visite de ce monument de Rio, récemment rénové pour les besoins de la Coupe du monde. Si la chance est avec vous, vous pourrez même aller y soutenir l’un des clubs de la cité Merveilleuse, le stade accueillant régulièrement des matchs du championnat national. Les tickets se vendent le jour même (mais soyez prêts à faire la queue).

Le site officiel du stade permet, me semble-t-il, de réserver des visites.

# Prendre l’air au parc Quinta da Boa Vista, comme l’empereur Don Pedro I.

Dans la zone nord, les embruns de l’océan sont arrêtés par les collines donc il fait chaud. Très chaud. J’aime à croire que c’est pour cela que Don Pedro avait choisi de faire installer son palais royal sur cette colline où il pouvait profiter un peu de la fraîcheur, en plus de l’impressionnante vue sur la baie (certes, aujourd’hui, on voit plutôt un océan de béton). Le parc municipal et le palais royal (aujourd’hui Museu Nacional) dominent la Zona Norte avec élégance, comme une oasis au milieu de cette étendue de brique et de goudron, et constituent un témoignage unique et vivant de l’histoire de la ville, autrefois capitale impériale.

Si avec tout ça vous ne tombez pas amoureux, je ne sais plus quoi faire!

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